Ensemble de groupes amérindiens répartis en trois familles linguistiques (Dakotas ou Santees, Nakotas ou Yanktons, et Lakotas ou Tetons). Le groupe des Lakotas, qui réunit des tribus rendues célèbres par leur résistance à l'invasion américaine, les Oglalas, les Brûlés ou les Miniconjous, est aujourd'hui le groupe le plus nombreux et qu'on désigne généralement par le terme de Sioux. Ils sont aujourd'hui plus de 120 000 à vivre dans les Grandes Plaines des États-Unis (réserves, entre autres, au Dakota du Sud, au Dakota du Nord, au Nebraska, au Montana) et au Canada.
Histoire
Les Français furent les premiers Européens qui rencontrèrent les Sioux, sur la façade occidentale du lac Supérieur, dans les actuels États actuels du Minnesota et du Wisconsin. Les Objiwas, leurs ennemis, les surnommaient Nadowessioux, «les petites vipères», dénomination désobligeante que les Français, alliés des Objiwas, reprirent en l'abrégeant. En fait, les Sioux se nommaient dans leur langue Oceti Sakowin, «le Conseil des Sept feux», en référence à leur sept divisions politiques.
À l'époque des premiers contacts avec les Français, dans les années 1670-1680, les Sioux étaient groupés en gros villages sédentaires ; ils alternaient la culture du maïs, la cueillette du riz sauvage et la chasse aux bisons, présents alors dans les clairières du Haut Mississippi. Au cours du XVIIIe siècle, les bandes sioux, probablement chassées par les conflits alors endémiques autour des Grands Lacs et le développement des épidémies qui décimaient les tribus voisines, commencèrent leur migration vers l'Ouest. Ce mouvement au-delà du Mississippi était également motivé par l'abondance du bison et par l'apparition du cheval, venu des plaines du Sud, où les Indiens l'avaient adopté lorsqu'il était apparu avec l'arrivée des Espagnols, au XVIe siècle. Au cours du XVIIIe siècle, les tribus sioux se constituèrent un véritable «empire» dans l'Ouest en repoussant les Crows vers les Montagnes Rocheuses, et les Pawnees sur la rivière Platte. À l'arrivée des Américains dans les Plaines, dans les années 1830-1840, les Sioux occupaient ainsi un vaste territoire qui s'étendait depuis le Missouri jusqu'aux monts de la Little Bighorn (les actuels États du Dakota du Nord et du Dakota du Sud), ainsi que sur une partie du Wyoming et du Nebraska. Dans cette conquête, la Confédération Sioux s'est alliée avec les Arapahos et les Cheyennes; cette union, qui perdura tout au long du XIXe siècle, faisait es Sioux la puissance militaire la plus imposante des Plaines du Nord.
Les Sioux adaptèrent leur mode de vie à leur nouvel environnement : d'agriculteurs sédentaires, ils devinrent des chasseurs nomades. Les bandes, dispersées pendant l'hiver, se regroupaient aux beaux jours pour des chasses collectives aux bisons, soigneusement organisées. En juin, se déroulait un rituel essentiel, la Danse du Soleil, don’t la finalité était de remercier Waka Tanka des bienfaits qu'il dispensait à son peuple. Le cheval, baptisé «chien-sacré», jouissait chez les Sioux d'une grande considération ; il offrit à ce peuple nomade une plus grande facilité de déplacement, permit d'accroître la productivité de leur chasse; en cas de disette, il fournissait une réserve alimentaire. Quant au bison, il apportait non seulement la viande fraîche, ou séchée (le pemmican) pour l'hiver, mais tout son corps, de la peau aux os, était transformé en objets de la vie quotidienne. Avec une dizaine de peaux, les femmes cousaient un tipi, une maison en langue sioux. Pour les vêtements, les Sioux traquaient le daim ou le cerf, don’t les peaux étaient imperméabilisées puis décorées de piquants de porc-épic colorés. Enfin, le cheval bouleversa la vie socio-économique en devenant un signe de richesse, un enjeu commercial considérable. Ces nomades, jusque là astreints à un certain ascétisme matériel, prirent goût à la richesse.
Avec l'invasion américaine, dans la seconde partie du XIXe siècle, les Sioux entrèrent dans une période de résistance, ponctuée de négociations et de combats. Ils tentèrent d'imposer aux Américains la reconnaissance de leur «empire» par les deux traités de Fort Laramie, en 1851 puis en 1868. Lors de ce dernier accord, les Américains admirent les revendications territoriales des Sioux en leur laissant une vaste réserve qui s'appuyait sur leurs terres sacrées des Black Hills. Toutefois, les traités n'empêchaient pas l'infiltration et les exactions des colons, notamment après la découverte de l'or dans les Black Hills. Les réactions des Sioux ne tardèrent pas, et l'armée américaine intervint ; en juin 1876, le général Custer fut encerclé avec son régiment dans les collines de la Little Bighorn. Lorsque la nouvelle du massacre parvint à Washington le 4 juillet, l'émotion fut intense. Dans les Plaines, l'armée poursuivit les Sioux, don’t le chef, Sitting Bull, trouva refuge au Canada. Crazy Horse, partisan d'une résistance sans concession, fut assassiné. Affamés, encerclés, les Sioux se résignèrent dans les années 1880 à rejoindre leurs réserves. Un ultime mouvement se manifesta en 1890 avec le développement de la Ghost Dance. Les Sioux de nouveau mobilisés, dansèrent pour entrer en communication avec les Esprits des Ancêtres. Cette agitation inquiéta les militaires; le vieux chef Sitting Bull étant revenu aux États-Unis, les fermiers redoutaient une révolte des Indiens. En décembre 1890, Sitting Bull fut assassiné; quelques jours plus tard, une centaine de Sioux fut mitraillée à Wounded Knee Creek, sur la réserve de Pine Ridge. Ce massacre sonna le glas de l'ultime résistance sioux et marqua la fin des guerres indiennes dans l'Ouest.
Dans les réserves, les Sioux se trouvèrent soumis à l'action des missionnaires et des administrateurs du Bureau des Affaires Indiennes. Leur objectif : «tuer l'Indien pour sauver l'Homme». De génération en génération, la politique d'acculturation pénétra insidieusement. Même si les Sioux continuèrent à pratiquer clandestinement des cérémonies interdites comme la Danse du Soleil, beaucoup suivent la White Man's road. Dans les années 1960, cependant, de jeunes Sioux éduqués, influencés par le marxisme et le courant contestataire américain, fondèrent l'American Indian Movement. Cette poignée de militants lutta pour une reconnaissance de la culture indienne et la «Red Power». En février 1973, ils occupèrent le site de Wounded Knee où ils s'opposèrent à la police ; les médias découvraient les Sioux sur le sentier de la guerre. Une nouvelle fois, la répression fut féroce, le FBI traqua les militants : deux agents furent abattus dans des conditions mystérieuses en 1976. Le militant sioux Leonard Peletier fut arrêté et emprisonné à vie ; il est devenu aujourd'hui le symbole vivant des luttes indiennes.
L'action politique a conduit les Sioux à se faire reconnaître par le gouvernement américain. Le film Danse avec les loups , de Kevin Costner, contribua, en 1990, à donner une image romantique des Sioux, sans pour autant que les Américains se préoccupent davantage du sort misérable des Indiens dans les réserves. Plus de 120 000 Sioux vivent aujourd'hui dans les réserves du Dakota et dans certaines grandes villes comme Chicago. Leur territoire du Dakota du Sud recèle d'importantes richesses en uranium, don’t les Sioux espèrent tirer des revenus. L'exploitation de casinos est devenue plus difficile dans des États faiblement peuplés et moins touristiques. Le chômage a conduit nombre de jeunes à migrer vers des métropoles ; la réserve devient alors un territoire mythique où ils reviennent pour des congés ou pour leur retraite. Sur les réserves sioux, la pauvreté, l'alcoolisme, et aujourd'hui la drogue, restent le lot quotidien d'une partie de la population. source:http://www.onelittleangel.com/sagesse/art/religieux.asp?mc=20